Le cheval dans l’art
Le cheval Gullfaxi et l’épée Gunnfoder

Un conte de cheval tiré du Crimson Fairy Book, l’un des volumes des livres de contes de fées. Il rassemble des contes de divers pays (surtout nordiques).
Un extrait de The Crimson Fairy Book, tiré des Islandische Mährchen et édité par Andrew Lang
Il y a bien des années vivaient un roi et une reine qui n’avaient qu’un seul fils, appelé Sigurd. Quand le petit garçon n’avait que dix ans, la reine, sa mère, tomba malade et mourut, et le roi, qui l’aimait tendrement, fit élever un splendide monument à la mémoire de son épouse ; jour après jour, il s’asseyait auprès de lui et pleurait sa triste perte.
Un matin, alors qu’il était assis près de la tombe, il remarqua tout près de lui une dame richement vêtue. Il lui demanda son nom ; elle répondit qu’elle s’appelait Ingiborg et sembla surprise de voir le roi là, tout seul. Alors il lui raconta comment il avait perdu sa reine et comment il venait chaque jour pleurer sur sa tombe. En retour, la dame lui confia qu’elle avait récemment perdu son mari, et suggéra qu’ils pourraient tous deux trouver du réconfort en devenant amis.
Cela plut tant au roi qu’il l’invita à son palais, où ils se virent souvent ; et au bout d’un certain temps, il l’épousa.
Une fois les noces passées, il retrouva bientôt sa bonne humeur et se remit à partir à la chasse comme autrefois ; mais Sigurd, qui aimait beaucoup sa belle-mère, restait toujours à la maison avec elle.
Un soir, Ingiborg dit à Sigurd : « Demain, ton père part à la chasse, et tu dois l’accompagner. » Mais Sigurd répondit qu’il préférait de loin rester à la maison, et le lendemain, quand le roi partit à cheval, Sigurd refusa de l’accompagner. La belle-mère se mit très en colère, mais il ne voulut rien entendre ; à la fin, elle l’assura qu’il regretterait sa désobéissance et qu’à l’avenir il ferait mieux de faire ce qu’on lui disait.
Une fois la partie de chasse partie, elle cacha Sigurd sous son lit et lui ordonna de bien rester là jusqu’à ce qu’elle l’appelle.
Sigurd resta immobile un long moment, et il se disait justement qu’il ne servait plus à rien de rester là quand il sentit le sol trembler sous lui comme lors d’un tremblement de terre ; en jetant un coup d’œil, il vit une immense géante qui avançait, enfoncée dans la terre jusqu’aux chevilles, la labourant à chacun de ses pas.
« Bonjour, sœur Ingiborg, s’écria-t-elle en entrant dans la pièce, le prince Sigurd est-il à la maison ? »
« Non, dit Ingiborg ; il est parti à cheval dans la forêt avec son père ce matin. » Et elle mit la table pour sa sœur et lui servit à manger. Quand elles eurent toutes deux fini de manger, la géante dit : « Merci, ma sœur, pour ce bon dîner – le meilleur agneau, le meilleur pot de bière et la meilleure boisson que j’aie jamais eus ; mais… le prince Sigurd n’est-il pas à la maison ? »
Ingiborg répondit de nouveau « Non » ; et la géante prit congé d’elle et s’en alla. Quand elle fut tout à fait hors de vue, Ingiborg dit à Sigurd de sortir de sa cachette.
Le roi rentra à la nuit, mais sa femme ne lui dit rien de ce qui s’était passé, et le lendemain matin, elle supplia de nouveau le prince d’aller à la chasse avec son père. Sigurd, cependant, répondit comme la veille qu’il préférait de loin rester à la maison.
Ainsi, une fois de plus, le roi partit seul. Cette fois, Ingiborg cacha Sigurd sous la table et le gronda vertement de ne pas faire ce qu’elle lui demandait. Pendant un moment, il resta parfaitement immobile, puis soudain le sol se mit à trembler, et une géante arriva, s’enfonçant dans la terre jusqu’à mi-genoux.
En entrant dans la maison, elle demanda, comme l’avait fait la première : « Eh bien, sœur Ingiborg, le prince Sigurd est-il à la maison ? »
« Non, répondit Ingiborg, il est parti chasser à cheval avec son père ce matin » ; et, allant au buffet, elle mit la table pour sa sœur. Quand elles eurent terminé leur repas, la géante se leva et dit : « Merci pour tous ces bons plats, et pour le meilleur agneau, le meilleur pot de bière et la plus délicieuse boisson que j’aie jamais eus ; mais… le prince Sigurd n’est-il vraiment pas à la maison ? »
« Non, certainement pas ! » répliqua Ingiborg ; et sur ce, elles prirent congé l’une de l’autre.
Quand elle fut bien hors de vue, Sigurd sortit de sous la table, et sa belle-mère déclara qu’il était de la plus haute importance qu’il ne reste pas à la maison le lendemain ; mais il dit qu’il ne voyait pas quel mal il pouvait en résulter et qu’il n’avait pas l’intention d’aller à la chasse. Le lendemain matin, quand le roi se prépara à partir, Ingiborg implora Sigurd d’accompagner son père. Mais rien n’y fit, il était tout à fait obstiné et ne voulut pas écouter un mot de ce qu’elle disait. « Il faudra me cacher encore », dit-il ; aussi, à peine le roi parti, Ingiborg cacha Sigurd entre le mur et le lambris, et bientôt on entendit de nouveau un bruit de tremblement de terre, tandis qu’une immense géante, s’enfonçant dans la terre jusqu’aux genoux, passait la porte.
« Bonjour, sœur Ingiborg ! s’écria-t-elle d’une voix de tonnerre ; le prince Sigurd est-il à la maison ? »
« Oh non, répondit Ingiborg, il s’amuse là-bas dans la forêt. Je pense qu’il fera nuit noire avant qu’il ne revienne. »
« C’est un mensonge ! » hurla la géante. Et elles se chamaillèrent à ce sujet jusqu’à en être lasses, après quoi Ingiborg mit la table ; et quand la géante eut fini de manger, elle dit : « Eh bien, je dois te remercier pour toutes ces bonnes choses, et pour le meilleur agneau, le meilleur pot de bière et la meilleure boisson que j’aie eus depuis longtemps ; mais… es-tu bien sûre que le prince Sigurd n’est pas à la maison ? »
« Tout à fait, dit Ingiborg. Je t’ai déjà dit qu’il est parti à cheval avec son père ce matin pour chasser dans la forêt. »
Là-dessus, la géante rugit d’une voix terrible : « S’il est assez près pour entendre mes paroles, je lui jette ce sort : qu’il soit à moitié brûlé et à moitié desséché, et qu’il n’ait ni repos ni paix tant qu’il ne m’aura pas trouvée. » Et sur ces mots, elle s’en alla à grands pas.
Un instant, Ingiborg resta comme pétrifiée, puis elle alla chercher Sigurd dans sa cachette et, à sa grande horreur, il était là, à moitié brûlé et à moitié desséché.
« Tu vois maintenant ce qui est arrivé par ta propre obstination, dit-elle ; mais nous n’avons pas de temps à perdre, car ton père va bientôt rentrer. »
Passant vite dans la pièce voisine, elle ouvrit un coffre et en sortit une pelote de ficelle et trois anneaux d’or, qu’elle donna à Sigurd en disant : « Si tu jettes cette pelote à terre, elle roulera jusqu’à ce qu’elle atteigne de hautes falaises. Là, tu verras une géante qui regarde par-dessus les rochers. Elle t’appellera d’en haut et dira : “Ah, voilà justement ce que je voulais ! Voici le prince Sigurd. Il ira dans la marmite ce soir” ; mais ne te laisse pas effrayer par elle. Elle te hissera avec une longue gaffe, et tu devras la saluer de ma part et lui offrir le plus petit anneau en cadeau. Cela lui fera plaisir, et elle te demandera de lutter avec elle. Quand tu seras épuisé, elle t’offrira une corne pour y boire, et bien qu’elle ne le sache pas, le vin te rendra si fort que tu pourras facilement la vaincre. Après cela, elle te laissera rester là toute la nuit. La même chose se produira avec mes deux autres sœurs. Mais, par-dessus tout, souviens-toi de ceci : si mon petit chien vient à toi et pose ses pattes sur toi, les larmes coulant sur son museau, alors rentre vite à la maison, car ma vie sera en danger. Maintenant, adieu, et n’oublie pas ta belle-mère. »
Alors Ingiborg laissa tomber la pelote à terre, et Sigurd lui fit ses adieux.
Ce même soir, la pelote cessa de rouler au pied de hauts rochers, et en levant les yeux, Sigurd vit la géante qui regardait du sommet.
« Ah, voilà justement ce que je voulais ! s’écria-t-elle en le voyant ; voici le prince Sigurd. Il ira dans la marmite ce soir. Monte, mon ami, et lutte avec moi. »
Sur ces mots, elle tendit une longue gaffe et le hissa au sommet de la falaise. Au début, Sigurd eut plutôt peur, mais il se souvint de ce qu’Ingiborg avait dit et transmit à la géante le message de sa sœur ainsi que l’anneau.
La géante fut ravie et le défia de lutter avec elle. Sigurd aimait tous les jeux et se mit à lutter avec joie ; mais il n’était pas de taille face à la géante, et comme elle remarquait qu’il faiblissait, elle lui donna une corne pour y boire, ce qui était très sot de sa part, car cela rendit Sigurd si fort qu’il la renversa bientôt.
« Tu peux rester ici cette nuit », dit-elle ; et il fut content de se reposer.
Le lendemain matin, Sigurd jeta de nouveau la pelote, qui roula un bon moment jusqu’à s’arrêter au pied d’un autre haut rocher. Alors il leva les yeux et vit une autre géante, encore plus grande et plus laide que la première, qui lui cria : « Ah, voilà justement ce que je voulais ! Voici le prince Sigurd. Il ira dans la marmite ce soir. Monte vite et lutte avec moi. » Et elle ne perdit pas de temps pour le hisser.
Le prince lui transmit le message de sa belle-mère et le deuxième anneau par la taille. La géante fut très contente en voyant l’anneau, et défia aussitôt Sigurd de lutter avec elle.
Ils luttèrent longtemps, jusqu’à ce que Sigurd finisse par faiblir ; alors elle lui tendit une corne pour y boire, et quand il eut bu, il devint si fort qu’il la jeta à terre d’une seule main.
Le troisième matin, Sigurd posa de nouveau sa pelote, et elle roula très loin, jusqu’à ce qu’elle s’arrête enfin sous un rocher vraiment très haut, du sommet duquel la plus hideuse géante qu’on ait jamais vue regardait en bas.
Quand elle vit qui était là, elle s’écria : « Ah, voilà justement ce que je voulais ! Voici venir le prince Sigurd. Il ira dans la marmite cette nuit même. Monte ici, mon ami, et lutte avec moi. » Et elle le hissa exactement comme ses sœurs l’avaient fait.
Sigurd lui transmit alors le message de sa belle-mère ainsi que le dernier et le plus grand des anneaux. La vue de l’or rouge enchanta la géante, et elle défia Sigurd à la lutte. Cette fois, le combat fut âpre et long, mais quand enfin les forces de Sigurd faiblirent, la géante lui donna à boire, et après qu’il eut bu, il la mit bientôt à genoux. « Tu m’as vaincue, haleta-t-elle, alors maintenant, écoute-moi. Non loin d’ici se trouve un lac. Vas-y ; tu y trouveras une petite fille qui joue avec un bateau. Essaie de te lier d’amitié avec elle, et donne-lui ce petit anneau d’or. Tu es plus fort que tu ne l’as jamais été, et je te souhaite bonne chance. »
Sur ces mots, ils prirent congé l’un de l’autre, et Sigurd marcha jusqu’à ce qu’il atteigne le lac, où il trouva la petite fille qui jouait avec un bateau, exactement comme on le lui avait dit. Il s’approcha d’elle et lui demanda comment elle s’appelait.
Elle s’appelait Helga, répondit-elle, et elle habitait tout près.
Alors Sigurd lui donna le petit anneau d’or et proposa qu’ils fassent une partie. La petite fille fut ravie, car elle n’avait ni frères ni sœurs, et ils jouèrent ensemble tout le reste de la journée.
Le soir venu, Sigurd demanda la permission de rentrer avec elle, mais Helga commença par le lui interdire, car aucun étranger n’avait jamais réussi à entrer dans leur maison sans être découvert par son père, qui était un géant très féroce.
Cependant, Sigurd insista, et elle finit par céder ; mais quand ils approchèrent de la porte, elle tint son gant au-dessus de lui et Sigurd fut aussitôt transformé en une pelote de laine. Helga glissa la pelote sous son bras et la jeta sur le lit de sa chambre.
Presque au même moment, son père entra en trombe et fouilla tous les coins en criant : « Ça sent l’homme ici. Qu’est-ce que tu as jeté sur le lit, Helga ? »
« Une pelote de laine », dit-elle.
« Oh, bon, c’est peut-être ça que j’ai senti », dit le vieil homme, et il ne s’en soucia plus.
Le lendemain, Helga sortit jouer et emporta la pelote de laine sous son bras. Arrivée au lac, elle tint de nouveau son gant au-dessus et Sigurd reprit sa forme.
Ils jouèrent toute la journée, et Sigurd apprit à Helga toutes sortes de jeux dont elle n’avait même jamais entendu parler. En rentrant le soir, elle dit : « Nous pourrons jouer encore mieux demain, car mon père devra aller à la ville, nous pourrons donc rester à la maison. »
Quand ils furent près de la maison, Helga tint de nouveau son gant au-dessus de Sigurd, et une fois encore il fut changé en pelote de laine, et elle le fit entrer sans qu’il soit vu.
Très tôt le lendemain matin, le père d’Helga partit pour la ville, et dès qu’il fut bien loin, la fillette leva son gant et Sigurd redevint lui-même. Alors elle lui fit visiter toute la maison pour le distraire et ouvrit toutes les pièces, car son père lui avait confié les clés avant de partir ; mais quand ils arrivèrent à la dernière pièce, Sigurd remarqua sur le trousseau une clé qui n’avait pas servi et demanda à quelle pièce elle appartenait.
Helga rougit et ne répondit pas.
« Je suppose que cela ne te dérange pas que je voie la pièce qu’elle ouvre ? » demanda Sigurd, et tout en parlant, il aperçut une lourde porte de fer et pria Helga de la lui déverrouiller. Mais elle lui dit qu’elle n’osait pas, ou du moins que si elle ouvrait la porte, ce ne devait être que d’une toute petite fente ; et Sigurd déclara que cela suffirait très bien.
La porte était si lourde qu’il fallut un certain temps à Helga pour l’ouvrir, et Sigurd s’impatienta tant qu’il la poussa toute grande et entra. Là, il vit un cheval splendide, tout sellé, et juste au-dessus pendait une épée richement ornée, sur la poignée de laquelle étaient gravés ces mots : « Celui qui montera ce cheval et portera cette épée trouvera le bonheur. »
À la vue du cheval, Sigurd fut si émerveillé qu’il ne put parler, mais il finit par bredouiller : « Oh, laisse-moi le monter et faire le tour de la maison ! Juste une fois ; je promets de ne rien demander de plus. »
« Faire le tour de la maison ! s’écria Helga, pâlissant à cette seule idée. Monter Gullfaxi ! Mais père ne me le pardonnerait jamais, jamais, si je te laissais faire. »
« Mais cela ne peut pas lui faire de mal, plaida Sigurd ; tu ne sais pas à quel point je serai prudent. J’ai monté toutes sortes de chevaux à la maison, et je ne suis jamais tombé, pas une seule fois. Oh, Helga, s’il te plaît ! »
« Bon, peut-être, si tu reviens tout de suite, répondit Helga avec hésitation ; mais il faut que tu sois très rapide, sinon père s’en apercevra ! »
Mais au lieu de monter Gullfaxi, comme elle s’y attendait, Sigurd resta immobile.
« Et l’épée, dit-il en levant un regard plein d’envie vers l’endroit où elle était suspendue. Mon père est roi, mais il n’a aucune épée aussi belle que celle-là. Les joyaux du fourreau sont plus splendides que le gros rubis de sa couronne ! A-t-elle un nom ? Certaines épées en ont, tu sais. »
« Elle s’appelle “Gunnfjoder”, la “Plume de bataille”, répondit Helga, et “Gullfaxi” signifie “Crinière d’or”. Je suppose que, si tu dois monter le cheval de toute façon, cela ne changerait rien que tu prennes aussi l’épée. Et si tu prends l’épée, il te faudra emporter aussi le bâton, la pierre et la brindille. »
« Ils sont faciles à porter, dit Sigurd en les regardant avec mépris ; quelles misérables choses toutes desséchées ! Pourquoi diable les gardez-vous ? »
« Père dit qu’il préférerait perdre Gullfaxi plutôt que de les perdre, répondit Helga, car si l’homme qui monte le cheval est poursuivi, il n’a qu’à jeter la brindille derrière lui et elle se changera en une forêt si épaisse que même un oiseau pourrait à peine la traverser en volant. Mais si son ennemi se trouve connaître la magie et peut abattre la forêt, l’homme n’a qu’à frapper la pierre avec le bâton, et des grêlons gros comme des œufs de pigeon tomberont du ciel et tueront tout le monde à vingt milles à la ronde. »
Après avoir dit tout cela, elle permit à Sigurd de faire « juste une fois » le tour de la maison à cheval, en emportant l’épée et les autres objets. Mais quand il eut fait le tour, au lieu de mettre pied à terre, il tourna soudain la tête du cheval et partit au galop.
Peu après, le père d’Helga rentra et trouva sa fille en larmes. Il lui demanda ce qui se passait, et quand il eut entendu tout ce qui était arrivé, il se précipita aussi vite qu’il le put à la poursuite de Sigurd.
Or, comme Sigurd se trouvait regarder derrière lui, il vit le géant qui le suivait à grandes enjambées, et en toute hâte il jeta la brindille derrière lui. Aussitôt, un bois si épais surgit d’un coup entre lui et son ennemi que le géant fut obligé de courir chez lui chercher une hache pour s’y frayer un chemin.
La fois suivante où Sigurd jeta un coup d’œil en arrière, le géant était si près qu’il touchait presque la queue de Gullfaxi. Dans une angoisse de terreur, Sigurd se retourna vivement sur sa selle et frappa la pierre avec le bâton. À peine l’eut-il fait qu’une terrible tempête de grêle éclata derrière lui, et le géant fut tué sur le coup.
Mais si Sigurd avait frappé la pierre sans se retourner, la grêle lui aurait fouetté le visage et l’aurait tué à la place.
Une fois le géant mort, Sigurd poursuivit sa route vers chez lui, et en chemin il rencontra soudain le petit chien de sa belle-mère, qui courait à sa rencontre, les larmes ruisselant sur son museau. Il galopa aussi vite qu’il le put et, en arrivant, trouva neuf serviteurs en train d’attacher la reine Ingiborg à un poteau dans la cour du palais, où ils comptaient la brûler.
Fou de colère, le prince Sigurd sauta de son cheval et, l’épée à la main, se jeta sur les hommes et les tua tous. Puis il libéra sa belle-mère et entra avec elle voir son père.
Le roi était alité, malade de chagrin, ne mangeant ni ne buvant, car il croyait que son fils avait été tué par la reine. Il pouvait à peine en croire ses yeux tant il fut heureux de voir le prince, et Sigurd lui raconta toutes ses aventures.
Après cela, le prince Sigurd repartit à cheval chercher Helga, et l’on donna un grand festin qui dura trois jours ; et tout le monde dit qu’on n’avait jamais vu de mariée aussi belle qu’Helga, et ils vécurent heureux pendant de longues, longues années, et tout le monde les aimait.
Traduit de l’anglais. Lire la version originale