Entretiens
Cathy Sheeter – Entretien avec une artiste et photographe équestre
Nom :
Cathy Sheeter
Site web et endroits où trouver mon travail en ligne
Site web : www.aphelionart.com
Blog : aphelionart.blogspot.com
Où je suis
Aurora, Colorado
Parlez-nous un peu de vous : quel est votre parcours et d’où venez-vous ?
J’ai grandi dans une zone rurale de l’est de l’Oregon, dans une communauté qui vit en grande partie de l’élevage et de l’agriculture. J’ai eu la chance d’avoir une famille artiste qui a soutenu toutes mes entreprises artistiques.
J’ai aussi présenté toutes sortes d’animaux en concours avec le 4-H. J’ai suivi des cours d’art au lycée (où j’ai découvert la carte à gratter), mais quand je suis partie à l’université (Oregon State University), je me suis spécialisée en sciences animales et je n’ai pas pu suivre de cours d’art, puisque ce n’était pas ma filière. Pendant toutes mes études, j’ai réalisé des portraits d’animaux de compagnie au graphite pour arrondir mes fins de mois. En 2004, j’ai repris la carte à gratter et je n’ai jamais regardé en arrière depuis ! Je suis essentiellement autodidacte.

Vous êtes à la fois photographe et artiste… si vous ne deviez en choisir qu’un, le pourriez-vous ?
Pour moi, les deux sont totalement liés : je me suis mise à la photographie pour rassembler des références pour mes œuvres. L’œil pour la composition, la lumière et l’image que j’ai développé avec mon art se retrouve dans ma photographie.
J’ai remporté des prix nationaux dans les deux disciplines. Je pourrais être photographe sans être artiste (mais je ne serais pas très heureuse), mais comme mes œuvres sont fondées sur des références photographiques, je crois que j’aurais du mal à être artiste sans la photographie !

Quelles sont vos principales influences ?
Mes animaux… LOL ! En ce qui concerne les influences artistiques, je trouve beaucoup de motivation en regardant ce qui se fait en ligne (tant chez d’autres artistes que chez des photographes), et je n’ai pas de personne ou de personnes en particulier que je pourrais désigner comme mon influence principale. Je me souviens d’avoir dévoré, enfant, les images de la série de livres « Billy and Blaze » (écrite par C. W. Anderson) à notre bibliothèque locale, et d’avoir eu une envie folle de dessiner !
Avez-vous (ou avez-vous eu) un animal qui soit la muse derrière votre travail ?
Pas spécialement, car j’ai grandi avec tellement d’animaux (chevaux, chiens, lamas, lapins, pigeons, cochons, moutons, bovins). Aujourd’hui je n’ai que deux chiens, mais je reste une fille folle de chevaux et j’aime toutes les créatures, grandes et petites.

Votre art utilise une technique singulière, la carte à gratter ; c’est presque comme si vous créiez un négatif. Le résultat est vraiment saisissant et a une texture si belle. Pouvez-vous nous parler un peu de votre technique ?
La carte à gratter est un support à trois couches. Les planches sur lesquelles je travaille, fabriquées par Ampersand, ont pour support un panneau d’Isorel de 1/8 de pouce d’épaisseur.
Le panneau est recouvert d’une couche d’argile blanche, qui est ensuite poncée jusqu’à être lisse. Cette couche d’argile est ensuite recouverte d’encre de Chine noire. Le panneau est donc entièrement noir au départ. L’artiste prend alors un outil pointu (principalement un cutter de précision) et gratte l’encre noire pour révéler l’argile blanche en dessous.

Griffure après griffure, trait après trait, l’image prend vie. Une fois le noir et blanc gratté, on peut le colorer à l’encre ou à l’aquarelle si on le souhaite. Seules les zones blanches prennent la couleur. Comme il peut être difficile de corriger de grosses erreurs une fois qu’on a commencé sur une planche, je fais mon dessin au trait initial sur du papier ordinaire (pour pouvoir gommer), puis je le reporte sur la planche avec un papier transfert sans cire.
L’un des plus grands défis de la carte à gratter est de trouver comment créer différentes textures, puisque presque tout
se compose de traits et de points. La finesse des traits de la carte à gratter est inégalée, ce qui la rend parfaite pour la fourrure !

Avez-vous des rituels secrets pour vous mettre dans l’ambiance avant de travailler ?
Je travaille souvent devant la télévision, en écoutant des films ou mes émissions préférées. Je suis quelqu’un d’assez concentré de nature, donc il ne m’en faut vraiment pas beaucoup pour me mettre dans l’ambiance, et je peux travailler dans toutes sortes de conditions.
Quand avez-vous pris votre première photographie ?
Avant que je puisse m’en souvenir, j’en suis sûre !
Où avez-vous été le plus inspirée, sans appareil pour saisir l’instant ?
Oh, il y a eu bien des fois où j’aurais aimé avoir un appareil et ne l’avais pas. Un moment mémorable : il y a quelques années, je roulais sur une route que j’empruntais pour aller à mon travail (toiletteuse pour chiens), et il y avait un aigle royal à moins de 15 pieds du bord de la route. Il venait de tuer un chien de prairie et était en train de le manger. Je me suis même arrêtée sur le bas-côté et il ne s’est pas envolé.

Même si ce n’est peut-être pas de la beauté au sens classique (le cycle de la vie), j’adore les rapaces et saisir le bon, la brute et le truand dans la nature.
Quel effet voyez-vous Internet avoir sur l’art et la photographie ?
Eh bien, un effet énorme ! Presque tous les aspects sont influencés par la technologie moderne, Internet compris. La vente des œuvres, la participation aux salons d’art et de photographie (puis la possibilité de voir toutes les œuvres du salon sans y être), l’information du public, l’enseignement de sa technique aux autres, la présentation d’un échantillon de son travail aux galeristes… la liste est sans fin.
A-t-il eu un effet sur votre travail ?
Bien sûr ! Maintenant, je peux tendre aux gens une carte de visite avec mon adresse web et ils peuvent voir mon travail sans avoir à se rendre à un salon ou dans une galerie. Les gens peuvent commander des photos directement sur Internet après les événements, et je peux communiquer avec des milliers de personnes en publiant sur mon blog ou mon site web ! J’ai aussi vendu des œuvres originales depuis mon site.
Je suis modératrice d’un forum sur la carte à gratter au sein de la grande communauté d’artistes wetcanvas.

Comme la carte à gratter n’est pas une technique très répandue, c’est formidable de pouvoir partager, échanger et apprendre auprès d’autres artistes qui la pratiquent dans le monde entier, et c’est par ce biais que nous avons organisé deux des toutes premières expositions en galerie exclusivement consacrées à la carte à gratter.
Grâce à wet canvas, les membres voient aussi mon travail (et celui d’autres artistes de la carte à gratter) et ont envie d’essayer ; cela contribue à attirer de nouveaux artistes et à faire connaître la technique.
Quelle est votre œuvre préférée ?
La prochaine… LOL ! C’est un choix difficile pour moi, car j’aime beaucoup d’œuvres différentes pour des raisons différentes. Des œuvres qui ont remporté de grands prix dans des salons, des œuvres qui m’ont beaucoup appris, des œuvres dont j’ai été vraiment satisfaite du résultat. Je suppose que si je devais absolument en choisir une, ce serait « Roping Horse ».

La vendriez-vous un jour ?
Oui, elle a remporté le prix d’acquisition au Greeley Stampede Invitational Western Art Show en 2009 et servira à leur matériel promotionnel en 2010.
Animaux, art et photographie mis à part, qu’est-ce qui vous fait vibrer ?
Dresser des animaux et enseigner. J’adore aussi les chevaux et j’espère en posséder à nouveau quand j’aurai plus de temps pour travailler avec l’un d’eux. Je suis quelqu’un d’assez décontracté dans l’ensemble, mais je crois que la compétition me stimule aussi ; je suis le genre de personne qui, une fois qu’elle s’est fixé un objectif, travaille dur pour devenir très bonne dans ce domaine.
Travaillez-vous sur quelque chose de nouveau ?
Toujours ! J’ai en ce moment sur la table une grande carte à gratter (24 x 36 pouces) d’un puma et une pièce au graphite (20 x 24 pouces) d’un cheval de roping, et j’y glisse diverses petites œuvres en parallèle.

J’ai beaucoup de concours et de salons à venir en 2010, alors je dois m’y tenir ; mais ce n’est pas du travail, j’adore ça !
À suivre
Merci à Cathy d’avoir répondu à nos questions et partagé son travail. N’hésitez pas à consulter régulièrement son site d’art et de photographie pour suivre ses dernières créations.
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Traduit de l’anglais. Lire la version originale